Région poitevine. Salle de concert, un soir d’hiver.
Elle est entrée par une porte dérobée.
Animal sauvage et malicieux, faussement calme.
Leggins noir, bottes de motarde griffées et cardigan hippie chic. Cheveux lâchés.
« La vie du bon coté », un tout nouvel album, telle était la raison de ma venue…
2 ans et demi après « Allo le Monde », écoulé à plus de 100 000 exemplaires, Pauline a pris les choses en main, composant toutes les musiques, coréalisant l’album et signant 11 des 12 textes.
L’auteur-compositeur-interprète nous fait partager la bande son d’un présent moderne, composé de groupe anglais, de pop et d’électro.
Conséquence, même si le piano reste l’élément central de son travail, la guitare de Patrick Manouguian prend désormais son envol, brillamment appuyé par l’intelligence d’un travail rythmique très au-dessus du niveau : Jacques Pili à la basse et (ze star) Christophe Deschamps aux fûts.
Les complices de toute une tournée !
11 textes signés sur 12 chansons disions nous !
En me faisant écouter l’album juste avant son spectacle Pauline m’avait donné l’une des clefs essentielles à sa fabrication : ce disque est l’enfant voulu d’une rencontre, celle d’une artiste et d’un public.
« Des textes écrits sur une grosse année » me glisse-elle.
« A mourir », ode à la vie portant nom de mort sur fond piano reverbe, « Fais-moi danser » (valser en l‘occurrence), voix brisée, chanteuse entre chien et loup. « Minuit », plus intime, forcément au piano (Vous savez quoi ? Dans ce titre, si vous tendez plus que l’oreille, il est presque possible de s’immiscer dans les nuits de la belle…)
« Loin de là », toujours au piano, mais tout en montée dramatique ; il est question de séparation, histoire de fille, probablement vécue, tout comme « Sors nous de là », un medium électro-pop-anglaise où une « elle » (Pauline ?) demande à son amoureux de sauver ce bel amour qui part en quenouille.
Suite logique (ou pas) : « Je m’en vais », un medium tempo à base de piano pop flirtant sur le double sens : quitter la scène et/ou quelqu’un qu’on aime. En même temps, quand on connaît Pauline, le sentiment est presque équivalent.
Il faut dire que quand elle aime, elle ne compte pas ; la preuve en chanson avec « Sauf ça », une balade folk dont je ne vous dirai rien d’autre que d’écouter ce qu’elle veut dire.
Grande nouveauté, et surprise, l’irruption, pour la première fois de sons électro dans ce qui pourrait bien être le gros tube de l’album « Music Pop », une vraie chanson de scène.
Unique texte non écrit par Pauline puisque griffé Guirao, « Laisser passer » est un médium tempo au rythme cassé et aux montées rock. Bravo. Chic, pop et moderne.
Enfin, « Tous les jours », premier single tiré de l’album une mélodie accrocheuse aux violons ludiques.
En écoutant les chansons, vous comprendrez qu’il s’en est passé des choses. Il suffit de lire entre les lignes : un chagrin d’amour, un vrai, celui d’une femme, plus d’une ado ; la découverte d’un nouveau monde, le sien désormais. L’envolée des dernières réminiscences adolescentes, l’inéluctable départ de quelques illusions.
Mais surtout, et plus que tout, l’envie, coûte que coûte, de garder un optimisme, une joie de vivre, une positivité et ce désir de vous tirer vers le haut. Tout le temps.
Sa marque de fabrique en fait. On ne se refait pas.
La chrysalide était jolie. Le papillon est troublant.
Eric Jean-Jean